Partie 1 - Qui agresse ? Le sexe des auteurs

Sur l'ensemble des cas de VBG recensés en 2025, 83,2% des auteurs présumés sont des hommes - 12,5% sont des femmes, 3,8% des groupes mixtes.
Le profil change légèrement quand la victime est un enfant : la part masculine descend à 68,7%, tandis que les groupes mixtes montent à 9,7% et la part féminine à 15,3%. Ce n'est pas une exception - c'est un signal : les violences sur enfants impliquent plus souvent plusieurs personnes, et davantage de femmes parmi les auteurs présumés.
Partie 2 - Comment agit-il ? Seul, et proche de sa victime

91% des auteurs agissent seuls. Ce n'est pas un crime organisé - c'est un acte individuel, dans un contexte de proximité.
Et cette proximité est au cœur du phénomène : 73% des violences sont commises par le cercle intime - conjoint ou partenaire (31,9%), père ou mère (21,5%), ex-partenaire (19,6%). L'inconnu ne représente que 3,7% des auteurs identifiés.
Ce chiffre déconstruit un mythe persistant : la violence basée sur le genre n'est pas principalement un danger venant de l'extérieur. Elle se passe majoritairement à la maison, par quelqu'un de connu.
Partie 3 - Qui est-il socialement ? Le profil professionnel

Parmi les auteurs dont la profession est connue, 75% exercent dans le secteur informel - agriculteurs/planteurs (18,7%), petits métiers (10,6%), sans emploi (10,6%), commerçants (9%). Le secteur formel (fonctionnaires, enseignants, forces armées, santé) ne représente que 22,6%.
Ce résultat doit être lu avec prudence : il reflète en partie la structure économique générale de la Côte d'Ivoire, où le secteur informel emploie la majorité de la population active. Il ne signifie pas que le secteur formel est exempt - il est probablement sous-déclaré.
Partie 4 - Et quand la victime est un enfant ?

Sur 6 926 cas impliquant des enfants, 56,6% sont agressés par leur propre père ou mère - soit 3 918 enfants. Si l'on inclut l'ensemble du foyer (chef de ménage, autres membres du ménage), ce chiffre monte à 66,3%.
La violence sur enfants est avant tout une violence du foyer familial. L'agresseur inconnu ou extérieur reste minoritaire (9,6% des cas).
Ce que les données ne disent pas :
- Auteurs présumés, pas condamnés. Ces données concernent les auteurs identifiés lors de la prise en charge - pas des condamnations judiciaires. Le terme "auteur présumé" est important.
- Profession inconnue dans 11% des cas. 1 318 cas ont une profession non renseignée, exclus du calcul des 75%/22,6%. Ça peut biaiser légèrement la répartition sectorielle.
- Sous-déclaration structurelle. Les auteurs identifiés ne représentent qu'une fraction des violences réelles. Les cas non déclarés - souvent les plus intrafamiliaux - sont probablement sous-représentés ici.
- Pas de profil socio-démographique complet. L'âge des auteurs, leur niveau d'éducation ou leur situation matrimoniale ne sont pas disponibles dans ce jeu de données.